Déclenchement de l’accouchement : raisons, méthodes, déroulement et témoignages
Quand déclenche-t-on un accouchement ? Comment fonctionnent les cathéters à ballonnet, les prostaglandines et la perfusion pour déclencher les contractions ? Et combien de temps ça dure ? Avec une liste de questions pour l'entretien à l'hôpital.
Sommaire
En bref
Lors d’un déclenchement de l’accouchement, les contractions sont provoquées artificiellement, car attendre davantage présenterait plus de risques pour toi ou ton bébé. Les causes les plus fréquentes sont un dépassement du terme, une rupture des eaux sans contractions ou une hypertension artérielle. Dans le cas d’une grossesse sans complication, selon les recommandations, le déclenchement est proposé à partir de 41+0, recommandé à partir de 41+3 et fortement recommandé à partir de 42+0. En fonction de l’état du col de l’utérus, on utilise des cathéters à ballonnet, des prostaglandines, une perfusion d’ocytocine ou la rupture de la poche des eaux. Ça peut prendre des heures, voire plusieurs jours, et tu as ton mot à dire.
Ton terme est dépassé, et ta médecin parle de déclenchement de l’accouchement ? Tu n’es pas la seule dans ce cas : en Suisse, selon l’Office fédéral de la statistique, 33 % des accouchements sans césarienne programmée ont donné lieu à un déclenchement en 2023. Tu découvriras ici quand il est judicieux de déclencher l’accouchement, comment ça se passe et dans quelle mesure tu peux participer aux décisions.
Quand est-ce qu’on déclenche un accouchement ?
Le déclenchement de l’accouchement vise à réduire les risques pour toi et ton bébé. Les principales raisons :
retard
D’après l’Institut allemand pour la qualité et l’efficacité dans le secteur de la santé (IQWiG), la plupart des bébés naissent dans les deux semaines avant ou après la date prévue. Le guide « Calculer la date d’accouchement » t’explique comment calculer cette date. Une fois ce rendez-vous passé, l’IQWiG recommande environ deux contrôles par semaine avec CTG et échographie. Les recommandations communes des sociétés spécialisées allemandes, autrichiennes et suisses (DGGG, OEGGG, SGGG ; version 2020, en cours de révision) indiquent les étapes suivantes pour une grossesse en bonne santé :
La notation « 41+3 » signifie 41 semaines complètes et 3 jours.
Rupture des eaux sans contractions
Si la poche des eaux se rompt à partir de la 37e semaine et que le travail ne démarre pas tout seul, les recommandations préconisent de déclencher l’accouchement au plus tard au bout de 24 heures. En effet, selon le service de santé britannique (NHS), le risque d’infection pour toi et ton bébé augmente ensuite. Si tes eaux se rompent, appelle tout de suite, surtout avant la 37e semaine. Pour savoir comment reconnaître les contractions et la rupture de la poche des eaux, et quand tu dois te rendre à l’hôpital, consulte le guide « Contractions et rupture de la poche des eaux ».
Attention
Appelle tout de suite ton hôpital ou ta sage-femme, même au milieu de la nuit, si ton bébé bouge moins que d’habitude, si tu saignes, si tu perds les eaux (surtout si le liquide est coloré ou a une odeur désagréable), si tu as des contractions avant 37 semaines ou si tu ne te sens pas bien. Ça vaut aussi quand tu es chez toi avec le cathéter à ballonnet.
Raisons médicales
Parfois, ça vaut le coup de faire une petite introduction avant le rendez-vous. L’IQWiG et le NHS citent par exemple l’hypertension artérielle ou la prééclampsie, le diabète, la cholestase gravidique (une maladie du foie pendant la grossesse), un bébé dont la taille est estimée supérieure à la moyenne, ou des problèmes de santé chez ton bébé.
Introduction sur demande
Si tu es épuisé et que tu ne veux plus attendre, dis-le clairement. D’après l’IQWiG, les spécialistes conseillent généralement de ne pas déclencher l’accouchement avant le début de la 42e semaine de grossesse (à partir de 41+0). Si tu le souhaites expressément, un déclenchement peut être envisagé à partir de la 40e semaine (à partir de 39+0).
Aperçu des méthodes de déclenchement de l’accouchement
Le choix de la méthode dépend surtout de l’état du col de l’utérus. S’il est encore ferme et bien fermé, on commence par le préparer. S’il est souple et un peu ouvert, on peut directement déclencher les contractions.
| Méthode | Voici comment ça marche | Bon à savoir |
|---|---|---|
| solution à base d’œufs | La sage-femme ou la médecin détache avec son doigt la poche des eaux, située autour du col de l’utérus, de la paroi utérine. Ça libère des hormones qui favorisent les contractions. | D’après l’IQWiG, c’est souvent désagréable ; de légers saignements sont possibles, mais ils sont généralement sans gravité. Des études montrent que deux traitements à l’Eipoll en une semaine sont souvent plus efficaces qu’un seul. |
| Cathéter à ballonnet | Un petit tube muni d’un ou deux petits ballons est introduit dans le col de l’utérus et rempli de liquide. Ça dilate le col de l’utérus. | D’après l’IQWiG, ça dure environ 12 heures. Ça provoque moins souvent une tempête de contractions que la prostaglandine dinoprostone. |
| prostaglandines | Des hormones sous forme de gel, de comprimé ou de tampon vaginal, ou du misoprostol sous forme de comprimé à avaler. Ils assouplissent le col de l’utérus. | Selon l’IQWiG, la dinoprostone et le misoprostol peuvent provoquer des nausées, des vomissements, de la diarrhée, de la fièvre et des frissons. Le misoprostol (commercialisé en Suisse sous le nom d’Angusta) ne doit pas être utilisé après une césarienne. |
| Percer la poche des eaux | On perce la poche des eaux à l’aide d’un petit instrument, par le col de l’utérus qui est déjà dilaté. | D’après familienplanung.de, c’est indolore. Souvent en association avec la perfusion pour déclencher le travail. Ça peut entraîner une hernie ombilicale. |
| Oxytocine (perfusion pour déclencher le travail) | L’hormone qui déclenche le travail est administrée par perfusion intraveineuse. | Ça fait généralement effet au bout de quelques minutes. Uniquement si le col de l’utérus est mûr. Toi et ton bébé, vous êtes suivis de près. |
Attention
Les médicaments peuvent provoquer des contractions trop fortes et trop fréquentes, ce qu’on appelle une « tempête de contractions ». L’équipe dose donc avec prudence et surveille ton bébé à l’aide du CTG. D’après la SGGG, une déchirure utérine est très rare (moins de 1 %). D’après l’IQWiG, le risque est un peu plus élevé après une césarienne.
Déroulement du déclenchement de l’accouchement : comment ça se passe à l’hôpital
Chaque hôpital a ses propres procédures, mais celle-ci est assez courante :
- Entretien d’information: la sage-femme ou le médecin t’explique les raisons, la méthode et les alternatives, comme par exemple attendre encore un peu en faisant des contrôles ou opter pour une césarienne.
- Examen : Le CTG enregistre les battements cardiaques de ton bébé et l’activité utérine, puis on examine le col de l’utérus.
- Préparation du col de l’utérus: en fonction des résultats, on te posera un cathéter à ballonnet ou on t’administrera des prostaglandines, plusieurs fois si nécessaire.
- Déclencher le travail: une fois que le col est mûr, on peut, si nécessaire, procéder à la rupture de la poche des eaux et administrer une perfusion d’ocytocine pour déclencher le travail.
- Accouchement ou nouvelle planification Si, 24 à 48 heures après le début, aucune contraction efficace ne s’est encore déclenchée, l’équipe réévalue la situation conformément aux directives de la SGGG et en discute avec toi. D’après le NHS, il est alors possible, par exemple, de faire une nouvelle tentative ou de recourir à une césarienne.
Déclenchement de l’accouchement : témoignages et comment les femmes le vivent
Les associations spécialisées décrivent ce que vivent de nombreuses femmes :
- Beaucoup d’attente : il s’écoule souvent des heures entre chaque étape. D’après la SGGG, une mise en route peut aussi durer plusieurs jours.
- Plus d’examens : selon l’IQWiG, cette intervention entraîne une augmentation du nombre d’examens vaginaux nécessaires. Les câbles du CTG peuvent te gêner quand tu bouges.
- Souvent plus douloureux : d’après le NHS, un accouchement provoqué est généralement plus douloureux qu’un accouchement qui commence tout seul. Mais tu as accès aux mêmes analgésiques, y compris à la péridurale.
Bon à savoir
Notre précédent article (2021) était un article d’opinion, pas un récit d’accouchement. Il a encouragé les femmes à ne pas se laisser déstabiliser par les médecins, à écouter leur intuition et à ne pas attendre plus longtemps sans raison médicale. On continue à penser que c’est bien de poser des questions et de participer aux décisions. Aujourd’hui, on voit les choses différemment : attendre vaut vraiment le coup. D’après l’IQWiG et Cochrane, un déclenchement environ une semaine après la date prévue présente des avantages (voir le tableau ci-dessous).
Avantages et inconvénients : ce sur quoi tu peux avoir ton mot à dire
Même attendre n’est pas sans risque à partir d’un certain moment, comme le montrent des études de l’IQWiG sur les dépassements de délai :
| Sur 1 000 | Déclenchement à la 42e semaine (à partir de 41+0) | Attendre le début de la 43e semaine (42+0) |
|---|---|---|
| Césarienne | 120 femmes | 130 femmes |
| Soins à l’unité de soins intensifs néonatals | 60 enfants | 70 enfants |
| Les enfants qui meurent à la naissance ou peu après | 1 enfant | 3 enfants |
Une revue Cochrane de 2020 arrive à une conclusion similaire : dans les études où le déclenchement avait généralement lieu après 41 semaines complètes, on a constaté moins de décès périnataux et peut-être moins de césariennes qu’avec l’approche attentiste. En revanche, ça implique une durée plus longue, davantage d’examens, des douleurs souvent plus intenses et des complications rares.
Tu as ton mot à dire : selon le NHS, c’est à toi de décider si tu veux que l’accouchement soit provoqué. L’IQWiG propose à ce sujet un guide d’aide à la décision à imprimer. Ces questions t’aideront lors de ton entretien avec ta sage-femme ou ton médecin :
- Pourquoi tu me conseilles-tu une induction, et est-ce vraiment urgent ?
- Que va-t-il se passer si j’attends encore, et quels examens devrai-je passer dans ce cas ?
- Quelle méthode va-t-on utiliser pour mon col de l’utérus, et pourquoi ?
- Combien de temps ça prend en général chez vous, et qu’est-ce qui se passe si le déclenchement ne marche pas ?
- Quels analgésiques puis-je prendre, et est-ce que je peux bouger librement ?
- Est-ce que la personne qui m’accompagne peut rester tout le temps ?
Déclencher le travail à la maison : est-ce que les méthodes « naturelles » sont efficaces ?
D’après le NHS, il n’existe aucune méthode éprouvée pour déclencher soi-même l’accouchement à domicile. L’hôpital universitaire de Zurich met en garde contre certaines méthodes souvent « recommandées » qui présentent des risques pour la mère et l’enfant.
Attention
N’essaie pas de remèdes maison, d’huiles ou de « cocktails pour déclencher le travail » de ton propre chef. Parle d’abord à ta sage-femme ou à ton médecin. Les spécialistes déconseillent l’utilisation de l’huile de ricin.
- Huile de ricin : elle a un effet laxatif et peut provoquer des nausées. D’après l’IQWiG, la sécurité et l’efficacité du déclenchement de l’accouchement n’ont pas été suffisamment étudiées. Embryotox (Charité de Berlin) conseille d’éviter systématiquement l’huile de ricin pendant la grossesse et met expressément en garde contre son utilisation pour déclencher le travail. On parle aussi du risque que le bébé élimine du méconium dans le ventre de sa maman. On signale aussi quelques cas isolés de conséquences graves.
- L’acupuncture : selon l’IQWiG, aucune étude n’a montré qu’elle favorisait le déclenchement des contractions.
- Sexe et stimulation des mamelons : selon l’IQWiG, on ne sait pas vraiment si ça aide à déclencher l’accouchement.
- Thé, huiles et homéopathie : selon l’IQWiG, il n’y a aucune preuve scientifique concernant le thé aux feuilles de framboisier, les remèdes homéopathiques ou les tampons à l’huile de clou de girofle.
Si tu souhaites commencer ta grossesse sans médicaments, renseigne-toi sur une solution « Eipol » ou une consultation avec une sage-femme, comme celles proposées par l’hôpital universitaire de Zurich, par exemple.
Valise pour l’hôpital : comment te préparer au déclenchement de l’accouchement
Comme le travail peut durer plusieurs jours, prépare ta valise pour l’hôpital ou la clinique en prévision d’un séjour prolongé. Tu trouveras la liste complète dans la liste de contrôle « Valise pour l’hôpital ». Tout ce dont ton bébé a besoin figure dans la liste des affaires indispensables pour la naissance. Pour commencer, voici ce qui t’aidera surtout :
- Pièce d’identité, carte d’assurance maladie et documents relatifs à la grossesse
- Des vêtements confortables, des chaussettes chaudes, un baume à lèvres et un élastique à cheveux
- Un câble de recharge, des écouteurs et de quoi lire ou écouter
- Des en-cas et une gourde (demande ce que tu as le droit de manger)
Un sac à dos à langer qui se transforme ensuite en sac à langer, c’est super pratique. La liste de contrôle pour préparer le sac à langer te montre tout ce qu’il faut y mettre.
Foire aux questions
À partir de quand déclenche-t-on un accouchement ?
Dans le cas d’une grossesse sans complication, selon les recommandations de la DGGG, de l’OEGGG et de la SGGG, le déclenchement est proposé à partir de 41+0, recommandé à partir de 41+3 et fortement recommandé à partir de 42+0. En cas de rupture des membranes à partir de la 37e semaine sans contractions, elle est recommandée au plus tard dans les 24 heures. S’il y a des raisons médicales, ça peut aussi se faire plus tôt.
Combien de temps dure un déclenchement de l’accouchement ?
Selon le SGGG, quelques heures, parfois même plusieurs jours. D’après l’IQWiG, beaucoup de femmes sont surprises par la durée de la procédure. Si aucune contraction efficace ne s’est déclenchée au bout de 24 à 48 heures, l’équipe discutera avec toi de la suite des événements.
Est-ce que je peux refuser une introduction ?
Oui, d’après le NHS, c’est à toi de décider. Laisse-moi t’expliquer quels sont les risques liés au fait d’attendre dans ta situation. Après ton rendez-vous, tu devras passer des contrôles réguliers, environ deux par semaine selon l’IQWiG. Si ton bébé bouge moins que d’habitude, appelle tout de suite.
Est-ce que je peux rentrer chez moi avec le cathéter à ballonnet ?
Dans certains hôpitaux, oui. D’après une médecin-chef de l’hôpital universitaire de Bâle, c’est possible pour les femmes qui ne présentent pas de risques particuliers, à condition qu’elles soient facilement joignables et qu’elles n’habitent pas trop loin de l’hôpital. Renseigne-toi auprès de ton hôpital et demande-leur de t’expliquer précisément dans quels cas tu dois revenir tout de suite.
Est-ce qu’on peut déclencher l’accouchement après une césarienne ?
En principe, oui. Selon l’IQWiG, le risque de rupture utérine est toutefois un peu plus élevé dans ce cas ; c’est pourquoi ta médecin discutera au préalable avec toi pour voir si un déclenchement est envisageable et quelle méthode est la plus adaptée. Selon la DGGG, le misoprostol ne doit pas être utilisé après une césarienne.
Est-ce que l’huile de ricin aide à déclencher le travail ?
Non, il n’y a pas de preuve fiable à ce sujet ; selon l’IQWiG, la sécurité et l’efficacité n’ont pas été suffisamment étudiées. Embryotox (Charité de Berlin) conseille d’éviter l’huile de ricin pendant la grossesse et fait état de quelques cas isolés ayant entraîné de graves conséquences pour la mère et l’enfant. Ne le prends jamais de ton propre chef.
Est-ce que la caisse d’assurance maladie prend en charge le déclenchement de l’accouchement ?
En Suisse, oui, si c’est justifié sur le plan médical. Dans ce cas, selon la SGGG, c’est une prestation obligatoire.
Sources
- Recommandation sur le déclenchement de l’accouchement, registre AWMF 015-088 (S2k, mise à jour de décembre 2020, version 1.1 de mars 2021 ; révision annoncée, PDF), DGGG, OEGGG et SGGG
- Déclenchement de l’accouchement (annonce de la révision, 03/08/2026), AWMF
- Fiche d’information sur le déclenchement de l’accouchement (version révisée de 2017, PDF), SGGG
- Lettres d’experts (note sur l’autorisation d’Angusta), SGGG
- FAQ – Questions et réponses fréquentes sur Angusta® pour le déclenchement de l’accouchement (PDF, juillet 2025), DGGG
- Déclenchement en douceur de l’accouchement par stripping cervical, Hôpital universitaire de Zurich
- Préparation à l’accouchement naturel et mesures pour déclencher le travail, Hôpital universitaire de Zurich
- Déclenchement de l’accouchement : comment, quand, pourquoi ?, Medical Tribune Suisse, 10 décembre 2025 (avec des déclarations d’une médecin-chef de l’hôpital universitaire de Bâle)
- Peu avant l’accouchement, à l’hôpital cantonal de Lucerne
- En semaine, il y a chaque jour 30 % de naissances en plus que le week-end, selon l’Office fédéral de la statistique (OFS)
- Comment déclencher l’accouchement ?, gesundheitsinformation.de, IQWiG
- Quand le bébé tarde à venir : quand déclencher l’accouchement ?, gesundheitsinformation.de, IQWiG
- Aide à la décision : dépassement du terme : attendre ou déclencher l’accouchement ?, gesundheitsinformation.de, IQWiG
- Déclenchement de l’accouchement et médicaments pour provoquer les contractions, familienplanung.de, Institut fédéral de la santé publique
- Huile de ricin, Embryotox, Charité – Centre médical universitaire de Berlin
- Déclenchement du travail, NHS
- Les mouvements de ton bébé, NHS
- Signes indiquant que le travail a commencé, NHS
- Déclenchement de l’accouchement chez les femmes dont la grossesse se déroule normalement à partir de la 37e semaine de grossesse (2020), Cochrane

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